Pomme C pomme V

9 novembre 2012

En préambule à ce post, j’aimerais vous offrir les mots de l’ami qui soigne et guérit la folie qui m’accompagne et jamais ne m’a trahi :

« Et que faudrait-il faire ?
Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s’en fait un tuteur en lui léchant l’écorce,
Grimper par ruse au lieu de s’élever par force ?
Non, merci. Dédier, comme tous il le font,
Des vers aux financiers ? Se changer en bouffon
Dans l’espoir vil de voir, aux lèvres d’un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d’un crapaud ?
Avoir un ventre usé par la marche ? Une peau
Qui plus vite, à l’endroit des genoux, devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale ?. . .
Non, merci. D’une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l’autre, on arrose le chou,
Et, donneur de sené par désir de rhubarbe,
Avoir son encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
Non, merci ! Se pousser de giron en giron,
Devenir un petit grand homme dans un rond,
Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,
Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?
Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy
Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !
S’aller faire nommer Pape par les conciles
Que dans des cabarets tiennent des imbéciles?
Non, merci ! Travailler à se construire un nom
Sur un sonnet, au lieu d’en faire d’autres ? Non,
Merci ! Ne découvrir du talent qu’aux mazettes ?
Etre terrorisé par de vagues gazettes,
Et se dire sans cesse ‘Oh, pourvu que je sois
Dans les petits papiers du « Mercure François » ?’
Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,
Aimer mieux faire une visite qu’un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter ?
Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais. . . chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l’oeil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre, quand il vous plait, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, ou faire un vers !
Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
N’écrire jamais rien qui de soi ne sortit,
Et modeste d’ailleurs, se dire mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d’en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul ! »

Cyrano de Bergerac (Acte II, scène 8) – Edmond Rostand

Alors oui, Culture Fish ne ressemble à rien de déjà vu jusque là, puisque Culture Fish c’est vous, pêcheurs anonymes qui n’aviez jusque là pas voix au chapitre. Alors oui, Culture Fish peut paraitre futile, sans réel plus-value didactique et/ou artistico-graphique, mais nous (pêcheurs du dimanche) sommes au bord de l’eau non pas pour apprendre aux autres à pêcher, ni pour faire les beaux. Nous sommes là juste par passion de la pêche et non pour la compétition, la performance, le paraître à tout prix.

En ces temps incertains pour l’avenir de Culture Fish, je vous dois de tenir la barre ; parce que la web-série halieutique dont vous êtes les héros est devenu un rendez-vous que vous plébiscitez (470 000 vues cumulées), parce que vous le valez bien, tout simplement. Certes, Culture Fish #15 et son « numéro de pleureur » a laissé des traces, cela m’a apporté certaines inimitées chez qui vous savez, mais ce sincère SOS à déclanché une vague de sympathie et de soutiens que je n’imaginais pas, qui me dépasse, et dont je vous remercie encore…

Alors oui, je continu l’aventure Culture Fish malgrè tout, au moins jusqu’au numéro 23 et après on verra ! D’ici la il y aura le salon de Clermont 2013, lieux où je pourrais rencontrer et négocier avec ceux qui auront (bien malgrè moi) la vie ou la mort de Culture Fish entre les mains.

… Mais il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark !

Hamlet (Acte I, scène 4) – William Shakespeare

Mais avant de terminer ce billet d’humeur, je ne peux m’empêcher de réprimer plus longuement mon coté obscur halieutico-punk, non pour allumer le feu (Johnny Hallyday), mais juste une mise au point (Jackie Quartz). Amis suiveurs ou en manque d’inspiration, ayez l’honnêteté intellectuelle de rendre à César ce qui appartient à qui vous savez… Trop de coïncidences tuent les coïncidences !

 Hommage (ou copie) de Culture Fish (même gimmick de présentation, même musiques, même problèmes de financement que ceux évoqués dans Culture Fish #15)

Capture d’écran d’une vidéo réalisé par mes soins en 2010 ou je détournais le titre d’un film de Steven Spielberg (Arrête-moi si tu peux pour les francophones)

Capture d’écran de la même vidéo avec le détournement d’un slogan cher au couple Guetta.

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et bien ! Oui, c’est mon vice. Déplaire est mon plaisir. J’aime qu’on me haisse….

Cyrano de Bergerac (Acte II, scène 8) – Edmond Rostand



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